Haruki Murakami, rêveur lunaire.


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«  »Elle » je ne sais même pas son nom. J’ai vécu plusieurs mois avec elle mais j’ignore son nom. Je ne sais rien de concret sur elle, sinon qu’elle faisait partie d’un club très fermé de Call-Girls, un club qui n’acceptait pour membre que des personnalités reconnues. (…) A part ça quelques autres activités professionnelles. Par exemple, pendant la journée normalement elle était correctrice dans une petite maison d’édition, et elle exerçait aussi à temps partiel le métier de mannequin spécialisé dans les oreilles. Autrement dit elle avait une vis bien remplie. Naturellement , elle devait bien avoir un nom comme tout le monde. En fait, elle en avait même plusieurs. En même temps, elle n’en avait pas. Aucun des objets qu’elle possédait-c’est-à-dire presque rien ne portait de nom. Pas d’abonnement de train, ni de permis de conduire, ni de carte de crédit. Elle avait bien un petit carnet, mais il était plein de signes incompréhensibles griffonnés partout. Je n’avais aucun point de repères concernant son existence. Les prostitués avaient sûrement un nom, mais elles vivaient dans un monde où on n’en a pas.
En tout cas, moi, je ne savais presque rien d’elle (…) Elle était venue de nulle part et repartie, comme une averse soudaine, ne me laissant que mes souvenirs.
 »
Haruki Murakami, Danse, danse, danse

Lecture rêverie. Impossible de se défaire pour l’instant de tous les romans de Murakami. Ancrés dans l’esprit, ils hantent l’être doucement. Nombreux de ses romans nous entraînent vers des mondes complètement irréels en glissant tranquillement, insensiblement sur la pente de l’onirisme ou du cauchemardesque.
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Indicible et inénarrable.

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Pour le plaisir :
« Elle referma la porte du poêle, emmena au fond la cafetière émaillée et les tasses pour les laver et, quand elle eut fini, s’enveloppa dans un manteau de grossière toile bleue. Un bleu sombre, comme un lambeau arraché au ciel qui avec le temps aurait perdu tout souvenir de ses origines. Plongée dans ses pensées, elle resta longtemps debout devant le poêle éteint.
– Tu viens d’un autre pays ? demanda-t-elle comme si elle s’en rappelait brusquement.
– Oui.
– C’était comment là-bas ?
– Je ne me rappelle de rien. Je suis désolé mais je n’ai plus un seul souvenir. On dirait que, quand on m’a enlevé mon ombre les souvenirs de l’ancien monde sont partis avec elle. Je ne sais pas pour où, mais en tout cas c’est sûrement loin
. »
Haruki Murakami, La fin des temps

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