Ici l’ailleurs


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Ici à l’ombre de l’horizon mauve, j’ai trouvé.

J’ai trouvé des filles géantes aux jambes qui n’en finissent plus de grimper. J’ai trouvé la terre et la boue, les kilomètres parcourus pour quelques kopecks, les mini-jupes d’un goût douteux, le kitsch et encore le kitsch. Le sourire blond et rose d’une femme au français traînaillant et les babouchkas rondes et sales sur leurs bancs. Le sourire d’or d’hommes d’affaires qui s’insinue jusque aux tréfonds des âmes blanches. Les âmes mortes et les vivantes qui chantent à tout va de hurlements en hurlements. 

J’ai entendu aussi. Le son âcre des églises, les carillons des sonneurs mêlés aux fêtes indigestes et sonores, le claquement sec et froid des talons perchés sur des trottoirs inexistants, et la langue rêche, abrupte et sèche comme les visages qui jamais ne sourient. 

Durant la nuit noire et glaciale, j’ai rêvé de langues sonores indistinctes et mêlées,  d’hommes mélangés, informes qui prenaient d’étranges figures composites d’eux et d’autres, de cauchemars âpres comme l’eau de leurs rivières, gelés comme ces sourires amers. Et j’ai rêvé de vous aussi. De ces visages qui me hantent et me poursuivent, de tout ceux laissés derrière soi, que l’on aperçoit toujours, non loin, par-dessus les épaules, qui collent au corps comme des ailes ou des membres arrachés et qui nous manquent incessamment, immanquablement, inlassablement.

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Camellia Burows

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