Sur le rebord du cinéma expérimental, double et mimesis : Persona d’Ingmar Bergman


Une pellicule malmenée, une avalanche d’images : les morts, l’égorgement d’un mouton, Nosferatu puis le film. Noir et blanc, le film, à gros traits noirs, d’ombres et de clarté éblouissante. Deux héroïnes : l’actrice devenue muette (devant l’absurdité de la vie? l’artifice de son métier?) et son infirmière. Petit à petit l’une se dévoile tandis que l’autre se dérobe, l’observe. L’identification de l’une à l’autre se produit lentement, s’immisce tranquillement au travers du quotidien de la maladie, de la recherche de guérison; doucement elles dérivent de l’une vers l’autre jusqu’à la proclamation de la vacuité du langage et du pouvoir des mots, de l’impossibilité d’être une.

Qui vampirise qui? Pourquoi parler, se travestir, transformer une réalité en autre lorsque la réalité offre un spectacle cru, insoutenable? L’autre peut-il devenir moi? Ne puis-je pas être simplement remplacé si l’existence est vaine? Autant de questions soulevées par ce film si difficile à décrire, échappant lui-même au langage verbal mais non pas à l’illusion filmique.

Camellia Burows

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