Suit case


L’imminence du retour brise toute volonté.

La neige et la nuit ont envahi à nouveau les rêves. Un nouveau personnage s’y était invité : l’homme aux pupilles striées de noir. Celui qui possède des traits si doux, si purs et pourtant si changeant ; celui qui sort tout droit d’une ville crayonnée.

4h

tard dans la nuit, tôt le matin, personne ne songe. Ni à parler. Ni même à se toucher le bord de l’âme.

Les listes. Grises

de tout ce que l’on ne pourra tenir. Ni même penser.

Le départ et l’envol  teintent d’un goût écoeurant tous les derniers instantanés.

L’inertie.

La valise, la  » boîte en costume deux pièces », la « suitcase ». Oui, celle que l’on apprête. Celle que l’on pare de tous les atouts : celle qui, pour sûr, nous rendra l’éclat de la mer écrasée, rieuse sous un soleil de pins et de cigales; celle qui pourvoira à l’odeur des corps et rappellera la confusion du sien à l’autre, ce corps que l’on vient à peine d’apprivoiser.

Celle du langage brûlant, flippant.

Celle que l’on porte comme un fardeau en retour. Enfin, celle qui nous impose de penser, de ne pas se soustraire au temps.

Oublier l’heure et l’inertie.

Oublier l’attente.

S’omettre.

Et dans l’urgence d’une liberté nouvelle, repousser les nuits, les jours, se vautrer dans un temps élastique sans filet. Avant le retour. Les disques violacés sous les yeux.

Est-on est plus vivant à 4h du matin?

Camellia Burows

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