La vie mode d’emploi


Russie, 17h27

Verre de rouge, un pommerol pour faire court.

Ici, le vent frappe les sourires et ce sont les babouchka qui courent le long des rues pour ramasser le grand manteau de l’automne. Les feuilles poussent sur le sol.

Les oubliées ridées s’enveloppent de circonstances brumeuses.

L’heure de penser à tout ce que je ne t’ai pas dit.

L’heure de penser que je ne sais plus qui est ce « tu ». A force de « tu » délités ils prennent des visages différents : ceux de proches, le tien, ceux d’amants basculés dans l’oubli, le mien, le tien.

Russie, 20h39

C’est drôle en France, je sortirai à peine d’une réunion lascive. Je ne dis plus chez moi. Je l’ai perdu en route en deux ans à mi-chemin entre l’orient et l’occident. J’ai laissé de côté des routes et des chemins d’oublis. Tiens s’ils n’existent pas dans mon esprit dit Berkeley alors ils ne sont pas réels.

Tu n’es plus réel.

L’heure de penser à chez moi. À rentrer.

Rentrer où?

Nulle part où aller.


22h29

La purge. Chauffer. L’écho de Sibérie et des goulags.

L’accent et les sourires entendus que l’on ne comprend pas. J’aimerais bien leur dire moi, mais je n’ai ni les mots ni la structure. Alors je parle longuement et cela les amuse. Ils rient fort mes voisins mais n’en font qu’à leur tête.
Finalement, même le chat trouve cela comique et me nargue d’un sourire siamois sur le pallier.

Ils sont quatre. Je ne comprends plus. Puis je pense à Mahler, à la cinquième symphonie et à la marche funèbre. L’idée m’amuse. Autant rire comme rit le vent ici et les marées hautes de feuilles orangées.

3h28

Un cauchemar. Lui, moi, l’humiliation. Le rire et la peur. La peur, le fourvoiement et le désespoir philosophique.

La tromperie.

A la fenêtre la ville cyrillique baignée de brume. Je cherche l’Asie.

Plus à l’est.

violettes les ombres. Bleue, ma peur.

Je dors. En forme de cauchemar.

Et Je rêve d’ailleurs, encore.
8h27

J’écris des sottises afin que la page blanche d’une vie se noircisse?

1726

La portière du taxi souriant s’est refermée sur mon oeil. J’attends qu’il bleuisse ça m’ rappellera le bon vieux temps.

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