La nostalgie du sable


http://www.gran-angular.net/regresando-al-pasado-ii-galeria/2011/11/16/#more-36271

(4ème photo)

Un homme sur scène sur un pont de bois au bord d’une rivière. Des gens autour s’adonne aux plaisirs de la baignade d’une rivière et jouent sans lui prêter attention.

L’homme se dresse, avance d’un pas et prend la parole – J’avais, ce jour-là, revêtu la peau de mon ancêtre. Il lève les yeux au devant Sur mon maillot de bain couleur bicêtre, je pensais le monde un peu plus grand. Vainqueur de moi-même, j’allais dominer l’ailleurs sous ma casquette  de marin. C’était un temps de douceur et de bien-être et j’avais chaussé aussi mes sandales de sept lieues ; l’eau verte m’appelait comme à la conquête d’un nouveau monde. Et ce monde, si vieux, m’apparaissait neuf comme les songes enfantins. Je me suis toujours pensé « superman ». Un superman aux couleurs vertes. Je me pensais homme et n’était qu’un enfant. J’ai souvent repensé à cette rivière et ce jour où j’ai gagné la course à la nage contre mon père. Mon père qui n’était pas de mon ancienne patrie. La vie m’apparaissait si simple alors; c’était un temps sans moustache, un temps d’enfance.

J’habitais une maison dans les étoiles, là où les oiseaux prennent leur envol. Et voilà l’innocence enfantine me prend parfois sur la place de Wall street. Avant de nager dans ces eaux de rivières enfantine j’habitais un temps de désert et mes yeux se lavaient de l’eau du ciel. Lorsque je suis arrivé pour la première fois dans la forêt de Séquoias, aux Etats-Unis, je me suis demandé où se trouvait le désert, où mes frères iraient et quelles étaient les coutumes d’ici. J’ai appris lentement, lourdement votre langue mais tandis que je la maîtrisais j’ai toujours gardé le souvenir fauve du désert. Parfois, la nuit je choyais le souvenir du vent de sable et mon bâton de berger. Puis j’ai grandi. Je me suis reconnu, enfin, ici dans la famille de Disney, à la rivière, à manger des pop-corn au cinéma. J’ai oublié le souffle et la chaleur de l’immensité. J’ai fini par me dépecer à Wall Street.

Cravate noire. Chemise blanche. Regard vide. J’avais appris à jouer au football et à gagner des sommes inconsidérées. Mais l’immensité sableuse me grattait le dos. Aujourd’hui me voilà, de retour sur cette rivière demain, dans le désert.

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