Absence


Les conversations vont bon train et elle ne sait pas vraiment où l’on en est. Les vacances des uns en commun avec les autres. Paris et sa vie fourmilière, les connivences des uns sans les autres. Blablablabla… Des rires. Elle se demande en tripotant du bout des doigts la manche de sa veste, si toutes ces lumières vont finir un jour par l’éblouir. Elle ne sait plus vraiment quoi dire, simplement parce qu’elle en a perdu jusqu’au fil ténu de ces pensées indolentes. Elle aperçoit là-bas sur la Seine des lumières vacillantes qui lui rappellent vaguement un poème de Rimbaud. Elle se demande même pourquoi ce poème l’assaille. Elle a oublié, déjà, les personnes qui l’entourent et sourit en hochant la tête à son propre monologue; finalement on croirait presque qu’elle les écoute attentivement s’il n’y avait cette ombre grisâtre dans son regard. D’ailleurs, il faut beaucoup trop se concentrer alors elle s’abandonne mollement dans le sable frais des plages de bord de Seine, sourit pour elle-même. « Mathilde, Mathilde! Ouhou!  Alors t’en penses quoi, toi?! » On la tire de sa rêverie. Qu’est-ce qu’elle en pense, elle? De quoi? De qui?  Sa tête tourne un peu et elle se saisit de la bouteille de rosé pour se donner une contenance. La pointe légèrement acide de l’alcool la rappelle à la soirée et les visages tendus d’interrogations, l’air un peu narquois de ses amis la renvoie dans sa coquille. Elle tire sur le coin de ses lèvres pour esquisser un sourire incertain en se disant que non, vraiment, le mauvais rosé, c’est vraiment dégueulasse!

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