La mort de l’honnête homme.


Le pub était bondé. Le goût vainqueur de fruits rouges parcourait leur langue.

Les  jours suivant en avaient rougi et, eux riaient, un peu trop fort. Ils s’étaient glissés parmi la foule, et à l’oreille quelques mots tendres, de cette langue qui vous fait parler les lèvres arrondies, étroitement plissées, comme si les ronds de fumée du chat de Cheshire allaient toujours sortir de votre bouche.

William Thomas n’avait rien dit. Pas une ombre sur le cœur et sur le visage.
Il l’avait au bord des lèvres. Peut être qu’il arriverait à dérober son père à son destin. Peut être que comme cela, la mort elle-même oublierait qu’elle avait emporté le vieil homme à bout souffle.

Et puis, s’engouffrant dans la nuit qui leur brûlait les yeux et piquetait les oreilles de givre, Blake le lui avait murmuré, en un souffle, sans ponctuation :  » I am so sorry for you man I was told he died a couple of hours ago. »

Ils avaient alors marché bien droits, luttant contre le vent ; et, dans l’épaisse obscurité, ils avaient silencieusement maudit, le jour et la nuit et la vie.

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