Needles and Opium, Robert Lepage au Barbican, Londres en juillet dernier.


Robert Lepage reprend Needles and Opium initialement monté dans les années 1990.

Le spectacle met en scène R. Lepage, lui-même, en proie à une déception amoureuse avec une actrice. Alors qu’il se trouve en France pour donner sa voix à un reportage sur Juliette Gréco et sa relation amoureuse avec Miles Davis, il tente de la joindre.


Un autre personnage intervient tout au long du spectacle : Jean Cocteau, à l’accent Français forcé, ce qui le rend au bout du compte assez irritant. Les temporalités et destins individuels s’entremêlent : Cocteau se rend pour la première fois à New York en 1949 et Miles Davis à Paris, quarante ans plus tard R. Lepage se trouve écartelé entre ces deux mondes, Cocteau, opiomane, dévasté par la mort de son amant, Raymond Radiguet, Miles Davis, héroïnomane, et vivant une passion éclair avec Gréco dont il ne se remettra jamais. Le personnage de Cocteau fait parfois office de Choeur ou de Coryphee, parfois même de bouffon du roi, et commente le drame amoureux en livrant diverses réflexions sur l’art, l’amour, la vie, l’opium. Peine de coeur et création artistique sont au rendez-vous de ce spectacle.



La vraie force de ce spectacle réside dans une scénographie originale, novatrice pour 1991, date à laquelle le spectacle, initialement interprèté par Lepage a été produit : un cube mouvant, qui permet de changer, selon la lumière, les accessoires, des projections vidéo, de cadre très rapidement et devient tour à tour une chambre d’hôtel parisienne, un studio d’enregistrement, un bar de jazz, une rue parisienne, new yorkaise, mais offre aussi différents points de vue sur les personnages.


 Une grande influence du burlesque et du cirque se font sentir notamment au travers du personnage de Cocteau surgissant tel un diable au milieu de cette scène, suspendu dans les airs, écrivant son journal New-yorkais, tout comme celui du personnage de M. David, devenu ange jouant de la trompette. Un mélange rococo moderne, un peu trop chargé à mon goût, tentant de lier, addiction, amour, et solitude existentielle, le tout accentué à grand renfort de projections ( rues de New-York, espace interstellaire) forme un tout longuet et ne m’ayant laissé que peu de traces, excepté certains moments de grâce visuelle. Le propos laisse également le spectateur sur sa faim : comment se comparer à M. Davis et J. Greco, les amours peuvent-elles toujours semblables ?  De même, le personnage de M. Davis ne s’exprime jamais et la plongée dans la drogue semble expliquée sous l’uniqu prisme de cette histoire d’amour, un peu réducteur. Si la mise enscène  est recherchée, pensée, avec un partie pris qui a du etre visionnaire, le spectacle en lui-même s’étire en longueur, notamment à cause d’une intrigue narrative et d’un propos qui semble, à la vue du spectacle, un peu trop légère.

Décevant.

5 commentaires

  1. Très bien, sur la musique on a envie d’aller voir… L’intriguant c’est ce qui peut être dit de cette relation contée… On se demande, donne-t-elle tout l’intérêt qu’elle promet… A voir !

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