King Lear, Old vic mise en scène Deborah Warner avec Glenda Jackson


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Samedi soir dernier, en excellente compagnie, au Old Vic la salle était comble et l’excitation battait son plein. Au programme de la soirée, King Lear mis en scène par Déborah Warner avec dans le rôle titre la grande Glenda Jackson ! Célèbre pour son discours à la chambre des députés contre les funérailles en grandes pompes de Margaret Thatcher, pour faire court, (https://www.youtube.com/watch?v=XDtClJYJBj8) , son détour en politique, Glenda Jackson fait figure d’icône, ici au Royaume-Uni, et surtout c’est son grand retour après près de 25 ans d’interruption de carrière. Il faut dire qu’elle en vaut le détour. Ainsi que la mise en scène.

Le Roi Lear est l’histoire de Lear qui, se sentant sur la fin, demande à ses filles de lui exprimer tout leur amour afin de partager son royaume en trois, mais Cordelia ne peut s’y résoudre tant elle juge l’exercice artificiel face à l’incommensurabilité de son amour, aussi se retrouve-t-elle bannie du Royaume par son père qui la renie. Fort heureusement le roi de France (héhé) qui l’aime se révèle porter un amour sincère, l’épouse et elle peut s’enfuir ; mais Lear sera chassé de ses terres et de son royaume par ses deux autres filles : Goneril et Regane.

 A près de 80 ans, elle parvient à incarner un roi Lear oscillant entre sauvagerie dictatoriale, au ton grinçant et acrimonieux, au désespoir le plus contenu pour atteindre une folie douce, amère à couper le souffle. La proposition scénographique n’est pas en reste.

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Deborah Warner présente ici un Lear épuré de tout artifice, au plateau dépouillé, aux cintres et fond de scène apparents, et aux décors roulants, simplement. Sur scène à l’entrée des spectateurs, des comédiens passent l’aspirateur, nettoient un plateau blanc. Les décors, toiles blanches projettent King Lear avec une cible puis se muant en toile blanche, semblables aux toiles cinématographiques, sont déplacées par les comédiens et font partie intégrantes du spectacle rappelant en cela la fabrication artisanale ou les tréteaux et autre gradins de fortune à l’origine théâtrale.

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La scène de la tempête est sublime tant dans son traitement scénographique que dans le jeu des comédiens. Le plateau est jonché de sacs poubelle formant un marée noire contrastant avec le premier acte et les toiles blanches sont traversées d’éclairs, zébrures noires et blanche tandis que la bande-son est tonitruante. Un artifice Lear : a les cheveux détrempés comme par une tempête sordide. Scène si sobre et poignante à la foisCapture d’écran 2016-11-18 à 23.01.30.png

démontrant combien peu d’artifices suffisent à créer l’illusion théâtrale. Durant ces différentes scènes les comédiens portent des costumes contemporains avec parfois quelques touches évoquant, de façon lointain, le XVIe siècle, un contemporain parfois proche de la caricature. Une des scènes qui me hante un peu plus chaque jour.

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Actuellement au Old Vic à Londres jusqu’au 3 décembre  : http://www.oldvictheatre.com/whats-on/2016/king-lear/

Au barbican également King Lear par la Royal Shakespeare Company que j’irai voir très prochainement.

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