Trevor White comédien brillant et généreux, Portrait #2


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Par une soirée encore baignée de chaleur du début septembre l’Arcola Theatre donnait Thebes Land à l’Arcola Theatre (j’espère que la pièce viendra en France et voyagera de par le monde !) une pièce magnifiquement mise en scène par Daniel Goldman.
La présence incroyable des deux comédiens, Alex Austin et Trevor White qui rendait le texte aussi haletant qu’un thriller, m’a tout de suite interpelée. Après l’avoir sollicité Trevor White s’est très gentiment dévoilé et en français s’il vous plaît !
Portrait d’un artiste brillant et généreux.
– Pouvez-vous nous raconter votre parcours artistique ? Y’a-t-il eu des tournants importants ?
Le tournant  le plus important c’etait dans ma derniere annee à l’universite de Queens en Kingston, Canada. J’étais en train de finir mon diplôme en Economie et j’ai eu une petite – mais très importante –  épiphanie :  l’économie et les affaires n’étaient pas pour moi !! Je ne savais pas encore ce que je voulais faire, mais deux ans plus tard j’ai commencé ma carrière d’acteur, et je n’en ai vraiment aucun regret. Au début j’étais à Vancouver, où il y avait pas mal de films et de programmes américains aussi bien que des théâtres locaux, puis j’ai déménagé à Londres en 2001, pour un nouveau défi !
– Pourriez-vous nous dire comment vous ressentez/envisagez votre personnage dans Thebes Land ?
Mon personnage dans Thebes Land c’est vraiment une combinaison de moi-même, et de l’auteur de la pièce, Sergio Blanco et la pièce fait brouille parfaitement les lignes entre réalité et fiction : dans l’histoire racontée, mais aussi au sein des personnages eux-mêmes.
– Dans Thebes Land vous prenez en charge toute la narration ainsi que l’action et vous êtes déjà sur scène lorsque le public s’installe. Le spectateur doute constamment : il croit à cette histoire et pense même qu’elle est tirée d’une expérience réelle (je l’ai ressenti mais aussi j’ai entendu nombre de spectateurs le dire à l’entracte).
Comment avez-vous réussi cette prouesse (je pense au processus de création et à la construction de votre personnage assez complexe)?
La chose la plus importante, en plus de realiser un style naturel et familier en racontant, c’est que le public croit le plus que possible que tout les choses que je dis au début de la pièce, sont, en effet, vrai ; ce qui a même été le cas de personnes qui me connaissent. Alors on a beaucoup travailler, en particulier avec la monologue du début, pour personnaliser les details et les faits, pour créer un fond de réel, et comme cela nous pouvons vraiment commencer à jouer avec le public !
– Vous possédez une vraie présence et une intensité dramatique incroyable dans Thebes Land (tout comme votre partenaire de jeu : Alex Austin.) D’où puisez-vous cela ?
Ha – merci bien! Vraiment, je ne sais pas… Mais je sais qu’avoir une pièce incroyable, et un autre acteur superbe comme Alex, en plus que notre incroyable metteur en scène, Daniel Goldman, cela m’a donné confiance pour m’exprimer le plus complètement  possible.
– Quel rôle joue pour vous le théâtre et le spectacle vivant dans notre société ?
 
Il permet de raconter des histoires qui sont pertinentes, émouvantes, et qui possèdent le pouvoir et la possibilité  de changer la façon dont nous pensons.
– Y’a-t-il un rôle dont vous rêvez ?
Un jour je voudrais vraiment jouer le rôle de George dans Who’s Afraid of Virginia Woolf.
– Y’a-t-il un livre dont vous ne vous sépareriez pas ?
Non, pas vraiment. Mais comme mon personnage dans Thebes Land, j’aime beaucoup la littérature Russe, et Résurrection, de Leon Tolstoï, que j’ai lu l’année dernière. Un roman absolument superbe et tellement moderne dans ses idées.
– Quel spectateur êtes-vous ?
Je ne sais pas si je comprends la question, mais comme spectateur j’aime beaucoup voir autant de pieces que possible!
 
– Comment vous définiriez-vous dans le travail et dans votre vie personnelle ?
C’est difficile de les séparer parfois, parce que comme acteur nous devons constamment apporter notre travail à la maison: mémoriser des lignes pour chaque audition, par exemple. Mais c’est très important de ne pas faire coïncider votre estime de soi avec votre succès perçu ou votre absence de succès.
– Si vous aviez le choix avec qui souhaiteriez-vous travailler (metteur en scène, acteur, scénographe etc) et pourquoi ?
Pour moi, chaque experience c’est une nouvelle opportunité de collaborer et créer, et c’est les mots de la pièce qui m’excite le plus. C’est le fondement le plus important du travail qui suit.
 
– Avez-vous un souvenir théâtral marquant ?
Il y en a plusieurs. Enron, qui a commencé au Chichester Festival Theatre, et puis à continuer au Royal Court Theatre et enfin dans le West End, était une pièce magique mais aussi les personnes avec lesquelles j’ai travaillées à cette occasion y compris ma femme ! Long Day’s Journey Into Night, au West End, avec David Suchet, Laurie Metcalf et Kyle Soller fut un énorme défi théâtral, mais également une incroyable expérience. Thebes Land se situe également tout en haut de cette meme liste.
– Et pour finir  : Pourriez-vous nous en dire un peu sur vos prochains et futurs projets en matière de spectacle/cinéma ou autre ?
Je ne peux pas dire les details mais je vais apparaitre dans la saison prochaine de The Durrells sur ITV dans le printemps (note de l’auteur : on a hâte !) . Et ma plus grande production à ce jour, c’est mon premier enfant qui va naître en Novembre !

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