Trust, de Falk Richter, mise en scène Christian Jude, Gate Theatre, Londres. Du chaos sociétal à celui de l’intime.


Zephryn Taitte. 3 Trust, Gate Theatre.
(c) Ikin Yum

Découvert grâce à un ami comédien que j’aimerais voir bien plus souvent, l’écrivain Falk Richter fait partie de mes auteurs préférés parmi les écrivains contemporains. Auteur étonnamment méconnu au Royaume-Uni, ses pièces percutantes, comme Trustet formes particulièrement subversives séduisent invariablement. Christian Jude avait mis en scène Parliament Square, au Bush Theatre, pièce au souvenir impérissable par sa mise en scène intelligente et son propos nécessaire, ainsi que la délicieuse  My mum’s a twaco-dirigée avec Vicky Featherstone au Royal Court Theatre. Un vent d’excitation soufflait donc sur le Gate lors de la Première et qui n’avait rien à voir avec la neige qui tapissait les ruelles londoniennes depuis deux jours et le blizzard qui soufflait réminiscence curieuse en cette fin février du froid mordant russe.

Zephryn Taitte. 2 Trust, Gate Theatre.
(c) Ikin Yum

Seize sortes de tableaux explosifs mélangent politique, Brexit et post Brexit, parfois avec ajout de texte,  et scènes intimes toujours inextricablement reliées à un plus grand ensemble, qui interrogent avec insistance le public sur le monde actuel. Le texte offre une grande liberté de mise en scène et d’adaptation et dénonce l’influence de la situation économique sur l’individu et l’intimité.
Le plateau au départ sorte de longue boite noire, étiquetée présente à jardin un studio avec lit, vélo, buanderie, plaques de réchaud, et à cour un long couloir noir. Sur scène à l’entrée Jude Christian sur le plateau, allongée, s’affaire dans ce studio. Son personnage permettra notamment de faire le lien entre les différents tableaux mais aussi, d’installer accessoires et d’enchaîner les scènes tandis que le plateau se charge peu à peu de ces décors et accessoires le plateau à l’image de nos vies empreintes d’images saturées et d’injonctions.

Le plateau se retrouve finalement au gré des tableaux jonchés des résidus de nous-mêmes et l’on reconnaît des portraits fortement individualisés et caricaturés (la femme vénale, le couple en crise, la recherche de sérénité). L’utilisation de la video ne semble pas forcément utile ni ajouter de la force au texte. L’ensemble créé un aspect fouillis mais soutien le propos de Falk Richter que je vous enjoins à lire d’urgence tout comme l’oeuvre de cet auteur.

Trust Falk Richter, mise en scène Christian Jude, jusqu’au 17 mars au Gate Theatre

https://www.gatetheatre.co.uk/events/all-productions/trust

Durée 1h40

 

1 commentaire

  1. J’aime beaucoup aussi Falk Richter et j’ai adoré « Nobody » de Cyril Teste, je ne sais pas si la version anglaise existe, mais c’est une pure merveille. C’est très sombre, mais terriblement bien écrit. Merci pour ton article Camellia

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