Macbeth, Shakespeare, RSC, mes Polly Findlay, Barbican Theatre. Horreur et ravissement.


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Macbeth, la pièce écossaise, l’une des pièces parmi les plus fascinantes montée par de nombreux metteurs en scène et adaptée à l’écran, au grand comme au petit revient pour notre plus grand bonheur (surtout lorsque l’on connaît mon goût pour l’accent écossais… mais je m’égare déjà …) La Royal Shakespeare Company est de retour pour sa saison annuelle et hivernale au Barbican avec ce Macbeth mis en scène de Polly Findlay dont j’avais déjà admiré le travail au National Theatre avec As you like it il y a quelques années de cela.
En tête d’affiche, Christopher Eccleston, connu notamment pour son rôle de prêtre dans The Leftovers incarne un Macbeth écartelé entre des sentiments contradictoires aux émotions peu nuancées, davantage gouverné par sa femme.
Si la trame et le texte restent bien fidèles à l’originel, Polly Findlay renouvèle cependant intelligemment la vision que l’on a de la fameuse pièce écossaise. Injectant de nombreuses références aux films d’épouvante et d’horreur : les trois sorcières sont trois petites filles aux costumes identiques, robe rouge avec col Claudine, chaussettes blanches montantes, leurs voix d’enfants se trouvent distordues en écho, des fantômes hantant les Macbeth sur fond de lumière spectrale bleue parfois entrecoupée de noirs soudain, bruit de fracas métalliques brutal ou encore musique dissonante offre une plongée dans l’horreur, de l’épouvante à la folie intime.

L’espace scénique central est, quant à lui, redoublé d’un espace caché en fond de scène et tour à tour dévoilé par un rideau transparent et d’un autre espace au-dessus dévoilant les anti-chambres ou les scènes d’apparats ce qui permet un jeu de dupes, de personnages cachés, dévoilés, observés à leur insu, fantomatiques, comme dans la scène de somnambulisme de Lady Macbeth ou de réception du roi Duncan et vient renforcer l’aspect lugubre de la mise en scène.

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Le dispositif scénique principal, centre plateau, rappelle une antichambre glauque, sorte de hall d’hôtel, d’hôpital abandonné, au-dessus de laquelle se dérouleraient les scènes de réception, de chasse à l’homme. Sur ce plateau principal, des chaises, alignées en fond de scène de part et d’autre du rideau ainsi que des plantes et un distributeur d’eau minérale, y figurent une sorte de salle d’attente de la mort des différents personnages, et surtout celle de Macbeth dont le temps est décompté sous forme d’horloge à compte à rebours numérique, non sans rappeler Les Tragédies Romaines d’Ivo Van Hove.

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Ce qui est frappant dans cette mise en scène c’est la volonté de décentrer l’attention : les Macbeth ne sont plus uniquement le point focal de l’action mais bien leur folie, leurs cerveaux malades, ce que les différentes esthétiques et références aux films d’horreur, dont le personnage terrifiant du portier, soulignent inlassablement imprégnant la pièce d’un je ne sais quoi de sépulcral, de suspense voire même de fantastique et de visions d’horreur empruntés aux films d’épouvante, la présentant sous un éclairage nouveau et lui offrant un nouveau regard.

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Ce qui est frappant dans cette mise en scène c’est la volonté de décentrer l’attention : les Macbeth ne sont plus uniquement le point focal de l’action mais bien leur folie, leurs cerveaux malades, ce que les différentes esthétiques et références aux films d’horreur, dont le personnage terrifiant du portier, soulignent inlassablement imprégnant la pièce de sordide, de suspense voire même de fantastique des films d’épouvante, la présentant sous un éclairage nouveau et lui offrant un nouveau regard.

Macbeth, W. Shakespeare, mes Polly Findlay pour la RSC, Barbican Theatre jusqu’au 18 janvier 2019

Durée : 2h15

Scénographie : Fly Davis

Lumières : Lizzie Powell

Musique : Ruppert Cross

Son : Christopher Schutt

Avec notamment Christopher Eccleston, Niamh Cusack, Michael Hodgson, Raphael Sowole.

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