Centaures, quand nous étions enfants, texte et mise en scène de Fabrice Melquiot, théâtre de Nice


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photo J. Roualet

Ceux qui suivent ce blog le savent bien, Fabrice Melquiot lauréat du grand prix de littérature dramatique, fait partie de mes dramaturges actuels préférés. Centaures, quand nous étions enfants est le récit biographique, sous forme d’autobiographie, de Manolo et Camille, les deux comédiens équestres de cette pièce composée comme un récit morcelé, un puzzle, que le spectateur doit reconstituer tout au long du spectacle. Magnifique écrit de Fabrice Melquiot serti de différents tableaux qui cependant ne prennent pas toujours. L’espace frontal dessert sans doute l’amplitude de course des chevaux mais ce n’est pas le propos, ni exactement ce que l’on veut nous montrer semble-t-il et pour la partie technique, je m’en remets à l’avis d’Honorine Tellier du blog L’art d’être Centaure justement.

De leur enfance, lorsque » je n’étais qu’un brouillon de mots indignes » comme le dit si justement et finement Manolo dans la pièce, au moment présent du spectacle où ils ne sont plus qu’un, le récit retrace avec une narration décalée et intercalée, les liens tissés entre Manolo et Camille, les fondateurs du Théâtre du Centaure, mais aussi noués avec Gaia, la « perle noire », un frison noble hollandais, et Indra, ce pur-sang espagnol, ainsi que leur parcours en dévoilant la rencontre entre ses quatre artistes.  Différentes voix off, enfantines, plus matures, celles mêmes de Camille et Manolo sur le plateau, narrent ce parcours et s’entrelacent avec des effets d’échos au sein de l’écriture, créant un effet de superposition, de temps qui s’écoule, concentrant l’écoute du spectateur. L’ensemble est un enchevêtrement d’archives video, voix off, et de moments scéniques, certains émerveillant d’ailleurs les plus petits qui, d’ailleurs, applaudissaient à chaque « numéro » des chevaux. Le puzzle, parfois trop morcelé laisse un plateau vide, par choix sans doute, pour appuyer une bascule vers l’onirisme, stimuler l’imagination de la rencontre mais ne met pas toujours en valeur l’écriture fine et ciselée de Fabrice Melquiot, même s’il vient en souligner le propos.

Spectacle d’équilibriste pour raconter l’homme et l’animal, la rencontre, l’enfance, les déceptions et bonheurs, sans doute puisque le texte exprime l’indicible, la gestuelle et comment ces deux humains formés à l’amour équin se sont lentement apprivoisés. Des tableaux intenses lentement prennent place telle l’image des centaures où corps humains et chevaux ne forment plus qu’un et où, surtout, Camille centaure et Manolo centaure se fondent en un être originel rappelant le mythe, quelque peu détourné de l’androgyne de Platon.

Centaure, quand nous étions enfants, de et par Fabrice Melquiot.

En tournée actuellement renseignement : http://www.theatreducentaure.com/Creations/Creations/Centaures-enfants

4 commentaires

  1. Ils sont en représentation pas loin de chez moi & Je suis en train de voir pour y aller justement! J’apprécie d’avoir ton avis sur la mise en scène en tout cas 🙂

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