All we ever wanted was everything, de Luke Barnes, mise en scène Paul Smith, Bush Theatre, Londres. Célébration de l’ordinaire.


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Photo H. Murray
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Photo H. Murray

Après un grand succès au Fringe Festival à Edinburgh, All we ever wanted was everything débarque au Bush Theatre. Un spectacle hors norme.

All we ever wanted was everything, titre rappelant celui d’une chanson de Bowie, a pour forme un « gig theatre », comprendre par là un concert-théâtre, c’est-à-dire une histoire racontée au son du groupe pop rock, pas vraiment une comédie musicale même si cela s’en approche.

Hull, dans le Yorkshire, deux naissances le même jour, la même année, sous la Grande-Bretagne de Thatcher, dont la politique dévastatrice est au passage écorchée, celles de Leah et Chris que le récit suit jusqu’à leur trente ans, jusqu’au Brexit, l’occasion par le biais des chansons et de cette fable, finalement simple au demeurant, de revenir sur le Brexit et l’Histoire de trente ans ainsi que sur une fin de l’humanité, non pas métaphoriquement : la Terre percutant un astéroïde chantant.

Oui, oui… Etrange, certes que cette fin fantasque mais qui ne déroute pas au final le spectateur. Une fin bruyante et loufoque qui interpelle. Ces deux entrelacs d’histoires individuelles montrent le désenchantement d’une génération, élevée au destin exceptionnel d’Harry Potter, accoutumée à rêver que l’on peut devenir ce que l’on souhaite, la déception, l’impossibilité du bonheur individuel et le fait de passer littéralement à côté de sa vie. La conclusion d’ailleurs de cette pièce de Luke Barnes, connu accessoirement pour son rôle dans Games of Thrones mais surtout pour ses pièces singulières et performances, :  » Live your life. I fuckin dare you ! » est éloquente et en dit long sur le désenchantement d’une vie, mais aussi, et surtout, sur la complexité à vivre, à être dans un monde aux rêves fracassés.

La mise en scène soutient cette interrogation sur l’angoisse existentielle des différents personnages, et retrace la plus grande Histoire. Trente années  retranscrites en chansons, chacune dans un style bien distinct, sur un plateau nu, avec seuls quelques instruments de musique dispersés au quatre coins de la scène. Les changements de costumes à vue des acteurs rappellent distinctement certains aspects de la mode musicale de ces différentes décades, le tout soutenu par une architecture lumineuse qui donne corps à la musique mais aussi à l’Histoire (où Trump en prend, d’ailleurs, au passage, pour son grade pendant quelques secondes).

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Photo H. Murray

Un narrateur extérieur, l’incroyable et survolté Marc Graham, prend en charge la fable de ces deux histoires individuelles qui finalement pourraient être celles de tout un chacun et fait office de maître de cérémonie à cette non-célébration. C’est d’ailleurs l’énergie et l’ensemble des comédiens avec notamment Bryiony Davies et James Stanyer, qui frappe par leur capacité à transporter le spectateur dans cette épopée loufoque.

Des rêves brisés à la fêlure du Brexit, un spectacle criard,  original, parfois un peu trop foutraque, rafraichissant, coloré et ludique, à la croisée des genres, qui pointe du doigt le désir de réussite, l’ambivalence d’être au monde et humain, donnant matière à réfléchir à nos destins individuels, et dans lequel on se laisse embarquer sans trop savoir pourquoi.

All we ever wanted was everything, Compagnie Middle Child Hull, Bush Theatre jusqu’au 24 novembre.

Billets ici :  https://www.bushtheatre.co.uk/event/all-we-ever-wanted-was-everything/#anchor-personnel

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