Jour 18 : 18 décembre du calendrier de l’Avent. Du souffle.


Samuel Beckett Photographie : Jane Bown

Et oui, du Beckett aujourd’hui, pour se mettre en jambe avec du théâtre comme on l’aime ! Une écriture à contre-courant, à rebours et novatrice et pourtant provenant des années 1970. Beckett influence majeure du théâtre contemporain, novateur en tout. Une écriture à l’apogée du minimalisme tel un souffle dans cette pièce écrite après le succès de En attendant Godot, Fin de partie et Oh ! Les beaux jours.

Souffle 

Sans doute la pièce la plus courte de Samuel Beckett dont l’expérimentation dans l’écriture théâtrale n’a connu que peu de limite. D’une durée de 35 secondes, cette pièce se lit presque comme une partition obscure comme le suggère le sous-titre « Intermède » ; un petit divertissement qui se trouve pourtant en fin de recueil. Une plaisanterie écrite au dos d’une carte postale pour le critique Kenneth Tynan.

Curtain.
1. Faint light on stage littered with miscellaneous rubbish. Hold for about five seconds.
2. Faint brief cry and immediately inspiration and slow increase of light together reaching maximum together in about ten seconds. Silence and hold about five seconds.
3. Expiration and slow decrease of light together reaching minimum together (light as in 1.) in about ten seconds and immediately cry as before. Silence and hold for about five seconds.

Rubbish No verticals, all scattered and lying.
Cry Instant of recorded vagitus. Important that two cries be identical, switching on and off strictly synchronized light and breath.
Breath Amplified recording.
Maximum light Not bright. If 0 = dark and 10 = bright, light should move from about 3 to 6 and back.

Le plateau est jonché de détritus, dispersés à plat, et non pas à la verticale et la pièce s’apparente à un happening reprenant le souffle minuté, celui de la naissance à celui de la mort (en se référant à la version originale anglaise)


Fun fact c’est la pièce de Beckett qui a été la plus vues à Broadway.

Elle aurait été commandé par l’un des plus importants critique de théâtre de l’époque, Kenneth Tynan, pour la revue érotique qu’il dirigeait (d’où la farce de ce sketch), puis donnée à Glasgow au Close Theatre Club en 1969. De prestigieux invités devaient contribuer à ces commandes de sketchs dont John Lennon et l’idée était de garder leurs noms secrets. Lors de cette première dans la pièce proposée par Beckett des corps nus sont ajoutés pour accentuer l’effet érotique. Beckett, furieux, a voulu traîner en justice Tynan, mais n’en a rien fait.

De multiples interprétations sont proposées de cette pièce minute, pied de nez à la vie, farce un peu macabre de notre cher cher Beckett ou apogée du vide et de l’absurde.

Damien Hirst a transposée cette pièce minute en film pour le projet Beckett on film, dans lequel les détritus sont des détritus d’hôpitaux.

Votre commentaire

Choisissez une méthode de connexion pour poster votre commentaire:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s