Apprendre du maître : un week-end avec Thomas Ostermeier


Un long article pour un atelier un week-end de mi-février.

Par un froid mordant se rendre au Barbican pour rencontrer le monstre sacré, voilà qui procure de grands frissons mais, surtout, une matière dense pour travailler et vouloir recommencer à nouveau. Retranscrire toute l’émotion est délicat mais je vais m’y frotter.

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The Resistible Rise of Arturo Ui, Brecht, mise en scène Bruce Norris, Donmar Warehouse


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Après La Résistible Ascension d’Arturo Ui de Brecht au français mis en scène de Katharina Thalbach (que je n’ai pas encore chroniquée), voici la version sans doute moins brechtienne mais plus ancrée dans l’actualité de Bruce Norris.

Pour vous remémorez la pièce je vous renvoie à la version papier et bande dessinée chroniquée ici.  La Résistible ascension d’Arturo Ui narre l’ascension d’un gangster, Arturo Ui, du trafic de légumes à la prise de pouvoir politique. Le parti pris de Bruce Norris dans cette pièce dénonçant l’accession au pouvoir du parti fasciste, Bruce Norris oblige le spectateur à participer. La scène du Donmar Warehouse a d’ailleurs été métamorphosée à cet effet : banc en bois et tables d’un tripot clandestin, dans les années 30, à Chicago.

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Photo : Helen Maybanks

Si la pièce a été adaptée (exit les panneaux rappelant la montée du nazisme qui ponctuent les tableaux brechtiens), des références parcimonieuses jalonnent toutefois le jeu des comédiens comme le salut hitlérien effectué pour croiser les bras, et toute l’actualisation de la pièce se ressent grâce à des références à l’actualité assez appuyées comme la banderole reprenant le slogan de Trump lors de la mascarade d’élection d’Arturo Ui. Parallèle osé et sans doute poussé pourrait-on dire et qui fonctionne pourtant dans la gestuelle et la perte de contrôle du personnage d’Arturo Ui. L’ensemble est mené sur un rythme endiablé, ponctué de chansons reprises version jazzy. Les comédiens investissent le lieu en son entier, la scène, le public, orchestre, et corbeilles d’où se tiennent tour à tour différents personnages Arturo Ui, le président du tribunal du procès des incendiaires, le tout, espace scénique et spectateur, ne formant plus qu’une immense scène théâtre de l’horreur de l’ascension d’Ui que le spectateur se doit d’approuver à l’égal des personnages pris en otage par Arturo Ui.

Les choix scéniques comme l’utilisation de lumières rougeâtres et de fumigènes suggérant que la scène de l’incendie de l’entrepôt de Hook se déroule dans les coulisses du théâtre, ou comme le choix d’utiliser des spectateurs comme des personnages à part entière : une chaîne de spectateurs  fait passer les bidons d’essence pour la scène de l’incendie, un spectateur devient Sheet et est assassiné (hors-scène), une spectatrice devenue l’accusée dans la scène du procès des incendiaires, Fish dans la pièce accusé à tort et drogué, joue le jeu de tous les déplacements et sorties de scène, l’harangue de la foule, permettent au public d’avoir  pas uniquement l’impression de participer au spectacle mais d’en faire partie intégrante.  Lenny Henry enfin ainsi que les différents comédiens, tout particulièrement Tom Eden, Lucy Ellinson, Lucy Eaton, Simon Holland Roberts, et Louis Martin virtuoses dans les différents rôles qu’ils endossent mais surtout par le lien qu’ils réussissent à créer avec le public. Et l’on rit tout en étant gêné puisque entraîné dans cette série de magouilles, meurtres, suppression des libertés.

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Photo : Helen Maybanks

Un théâtre immersif qui, s’il semble au premier abord moins novateur ou décalé que la mise en scène de Katharina Thalbach  n’en est pas moins une réussite par le plaisir et l’obligation de la réflexion qu’impose la participation du public qui se prend largement au jeu.

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Photo : Helen Maybanks

Une pièce épique nécessaire de nos jours mais surtout délicate à monter qui ici prend tout son sens et permet de faire osciller entre rires francs mais grinçant et réflexion sur le monde contemporain.

Actuellement au Donmar Warehouse à Londres jusqu’au 17 juin 2017 :  https://www.donmarwarehouse.com/production/192/arturo-ui/

#19 Premières lignes : Je te regarde, Alexandra Badea, L’Arche.


< Après quelques mois d’absence me voici enfin de retour pour vous présenter les premières lignes de la pièce de Je te regarde d’Alexandra Badea publiée aux éditions de l’Arche.

<p
Deux amies m'ont fait connaître son écriture et je les en remercie infiniment. L'auteur, roumaine, écrit en français et est également metteur en scène. Ses pièces portent sur l'actualité et les différents visages de l'Europe tout en interpelant le spectateur dans son écriture.
Je te regarde interroge sur les effets de l’aliénation de la mondialisation sur l’individu,  examine les dispositifs de surveillance à l’oeuvre dans nos sociétés et passe au crible nos sociétés envahies par le virtuel et met en scène des sortes de monologues/conversations d’utilisateurs en ligne définis uniquement par le numéros.

Je rajoute un cours extrait ici, juste pour le plaisir.


Les premières lignes d’un livre est un rendez-vous proposé d’après l’idée originelle de ma lecturothèque qui publie sur son billet consacré, la liste des blogs qui y participent dont :

• Les Livres de George
• Lectoplum
• Songes d’une Walkyrie
• Pousse de Gingko
• Colcoriane
• Camellia Burrows
• Au bazar des mots
• Mon univers fantasy
• La bibliothèque de Céline
• Charlène Voirin
• Eléonore B
• La Marmotte qui lit
• Free Time – Lecture
• Moglug